Stéphane Longin, entre l’Auvergne et Rhône-Alpes

Après le départ de Philippe Lansac, appelé à d’autres fonctions pour RCF, Stéphane Longin a assuré la direction de RCF Lyon en 2016/2017.

Stéphane Longin, également directeur de RCF Haute-Loire, a succédé à Philippe Lansac à la direction de la radio locale RCF Lyon. L’occasion d’une conversation avec son prédécesseur, Philippe Lansac, et d’une réflexion sur le rôle et la mission d’un directeur de radio locale.

Q : En quoi consiste le travail d’un directeur de radio locale à RCF ? Le directeur est-il l’homme à tout faire ?

Stéphane Longin (SL) : Il s’occupe de management auprès des bénévoles et salariés, mais il doit aussi être capable de pallier une absence… Donc ça veut dire être sur le terrain, faire du journalisme, du développement, de la prospective…  c’est lui qui fixe le cap.

Q : Est-ce que les fonctions et les responsabilités sont les mêmes à Lyon et au Puy ?

Philippe Lansac (PL) : Le directeur d’une station locale RCF est avant tout un journaliste radio, avec la fonction de rédacteur en chef et responsable des programmes. Ensuite, il est un manager, un chef d’entreprise, mais une entreprise avec un statut associatif. Il faut donc gérer les ressources, la communication, les tâches administratives…  Mais dans le fond, les fonctions de directeur sont les mêmes quelle que soit la taille de la structure.

Q : Est-ce que vous imaginiez tout ce travail en devenant directeur ?

SL : Oui. Je suis devenu directeur parce que j’ai eu envie d’accompagner la radio pour le développement. Au Puy jusque là, c’était un bénévole qui assurait les fonctions de directeur. Il fallait passer à une nouvelle étape et intégrer les codes d’une gestion plus entrepreneuriale.

Q : Est-ce que votre parcours professionnel a été utile pour prendre vos fonctions ?

PL : J’ai eu la chance de commencer ma carrière dans l’entreprise, mais aussi dans le monde des médias et dans l’associatif. Toutes ces expériences sont utiles aujourd’hui.

 

Philippe Lansac Lansac-Longin-rcf-vam (33) « J’ai 42 ans, je suis journaliste, diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris. J’ai débuté ma carrière dans l’industrie automobile en Chine et au Brésil, mais aussi dans la communication pour Greenpeace. J’ai aussi travaillé comme reporter indépendant à Radio France. Je suis directeur de RCF Lyon depuis 6 ans. »

Lansac-Longin-rcf-vam (30)Stéphane Longin « J’ai 39 ans, je suis directeur de RCF Haute-Loire depuis 3 ans mais j’ai commencé dans le réseau RCF il y a 12 ans au Puy-en-Velay. Je suis journaliste, issu de l’ESJ, et jusque là également enseignant à l’Université d’Auvergne. »

 

Q : Le statut associatif de RCF a-t-il un impact sur la façon de fonctionner ?

PL : C’est une chance pour un média. RCF a un conseil d’administration pluriel, avec une gouvernance œcuménique, avec des laïcs… Son modèle économique est basé sur une radio qui est financée à 70% par ses auditeurs ! Tout ça nous donne une grande liberté éditoriale, on n’est pas dépendant d’un gros actionnaire ou d’un annonceur. C’est la différence avec les radios commerciales ou du service public.

SL : Ce statut associatif oblige la radio à rester au contact des auditeurs. Le conseil d’administration regroupe des acteurs très différents mais tous issus du même territoire…  Cela oblige aussi à se poser les bonnes questions. Le risque dans les médias c’est de faire quelque chose qui ne parle qu’aux journalistes, on oublie parfois peut-être le quotidien des gens qui écoutent ! Le statut associatif nous connecte au quotidien de tous.

Q : Quels sont les liens avec l’équipe nationale RCF ?

PL : Le réseau RCF (appelé RCF Union) c’est un réseau de 63 radios locales, implantées sur un territoire qui diffuse un programme national commun, financé par les radios. RCF Union est au service des locales, ce n’est pas une information ou des directives qui sont dictées par le haut.

SL : Je ne vois pas de différence entre le local et le national. On est directeur d’une radio locale qui contribue à l’ensemble du programme C’est un seul et même média avec un objectif commun.

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Q : Cette année la tranche du 18/19 évolue, que devient-elle ?

SL : Avec cette nouvelle tranche (du lundi au vendredi à 18h15 sur  les 11 radios d’Auvergne Rhône-Alpes), on a une dimension nouvelle pour les auditeurs. Avec la nouvelle collectivité (la région AURA), on ne peut pas se permettre de ne pas être adapté à cette structure. Notre ambition est de faire comprendre aux auditeurs le monde dans lequel ils vivent. Et notre force c’est la connaissance du territoire, nous sommes la seule radio avec autant de journalistes sur le terrain au quotidien. Ils vont à la rencontre des habitants dans les départements. Cela nous donne une véritable expertise dans l’analyse des politiques publiques. Nous sommes là pour expliquer aux auditeurs du Cantal, de l’Allier ou de la Savoie quels seront les impacts des dossiers votés à Lyon.

Q : C’est une nouvelle étape du travail en région ?

PL : Le travail régional est un gros sujet de développement de RCF. Et cela correspond à une réalité de terrain : on souhaite parler à des actifs, et les actifs bougent sur le territoire ! Ils sont en déplacement entre Lyon, Grenoble, Vienne, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand… Plus de la moitié des gens écoutent la radio en voiture, alors pour mieux leur répondre c’est important de leur donner chaque jour une synthèse des infos de la région. Notre chance c’est que le réseau est né dans cette région, le maillage du territoire est unique, et il y a une station dans tous les départements : 51 fréquences, 28 journalistes… aujourd’hui on souhaite être la radio qui offre tout ça.

Q : Que retenez-vous de votre travail comme directeur ?

SL : En fait beaucoup de choses, mais ce qui m’a le plus marqué c’est l’enthousiasme de certains salariés qui étaient un peu usés par le fonctionnement et qui ont retrouvé, avec cette tranche régionale, le goût du travail et du partage de connaissance de leur territoire.

PL : A RCF, par notre travail on donne la parole à des gens qui ne parlent pas souvent, et ça, ça touche les auditeurs. Je suis aussi marqué par le fait que lorsqu’on ose des choses, on avance. Par exemple, pour l’installation de RCF sur le nouveau campus de l’Université catholique de Lyon (UCLy). On a osé, et ça a marché ! Enfin, ce qui me marque également, c’est le travail de l’équipe. A partir du moment où chacun prend du plaisir dans son métier, il est bon.

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Q : Avez-vous un souvenir particulier ?

PL : J’ai un souvenir marquant ici à Lyon, c’est l’inauguration des nouveaux locaux à l’Ucly. Nous avons travaillé 5 ans avec l’équipe à cette installation, et le soir de l’inauguration il y avait plus de 300 personnes d’horizons très divers, de tous bords politiques, économiques, culturels, religieux et interreligieux. RCF est le lieu qui permet ces rencontres.

 

 

Q : Et maintenant ?

SL : On se met au travail ! La transition se fait en lien avec Philippe, on a des échanges qui vont s’intensifier. L’objectif est de poursuivre le très beau travail réalisé par Philippe et toute l’équipe de RCF Lyon. Mais on va aussi essayer d’enclencher de nouveaux projets pour convaincre encore plus d’auditeurs de nous rejoindre.

PL : En arrivant ici (à Lyon) je me disais : RCF doit être un média incontournable de l’information locale. Il y a beaucoup de radios musicales ici, mais l’info c’est sur RCF ! Il y a aussi un besoin du public pour un média qui aide à prendre du recul. Aujourd’hui l’enjeu c’est de passer un échelon supplémentaire en terme de présence et d’audience. Il faut asseoir RCF comme un média important qui contribue au paysage audiovisuel lyonnais !

La radio RCF Haute-Loire fêtera ses 30 ans en 2017 ; elle est basée au Puy-en-Velay. C’est une petite structure avec 4 salariés et une soixantaine de bénévoles. Elle couvre la Haute-Loire (3 émetteurs) et l’Est du Cantal (1 émetteur) et touche 8 0000 à 10 000 auditeurs par jour.

RCF Lyon (anciennement Radio Fourvière) a 34 ans cette année, avec 11 salariés, et une vingtaine de bénévoles très actifs et une trentaine de chroniqueurs bénévoles sur l’antenne. RCF Lyon a 7 émetteurs répartis dans le Rhône, le roannais, et le nord de l’Isère. RCF Lyon touche 30 000 auditeurs par jour.

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